ou « Entre peurs et frustrations, comment éviter de tout abandonner (et tirer un trait sur ton rêve de devenir commandant de bord) ? »

Apprendre à piloter, ça peut paraître, long, très long, trop long… Et semer d’embûches ! Des heures remplies de stress, d’inquiétude et d’incertitudes. D’ailleurs, c’est bien connu, Pierre, Paul et Jacques t’ont bien dit que piloter n’est pas à la portée de M Tout Le Monde, n’est-ce pas ? Alors, pourquoi, toi, tu serais pilote ? Hein ?

Ta plus grande problématique avec ce qui vole ? Être breveté. Et encore, avant le diplôme, il y a déjà le lâché… Tu aimerais être seul aux manettes, hein ? Je te comprends. Je suis aussi passée par là…

Atterrir, voler en solo, décoller enfin tout seul ! Être le roi du monde des airs!

Mais, tu as surement peur de devoir faire face à diverses difficultés. Savoir tenir une ligne droite. Réussir à lire une carte aéronautique. Faire un décollage tip top. Et, atterrir, faire un bel atterrissage… « Refuse le sol », qu’il dit, ton instructeur. Ça veut dire quoi, en Français, en clair ? Le décodeur n’était pas livré avec tes leçons de pilotage…

Et le plaisir dans tout ça ?

L’apprentissage du pilotage a toujours été une suite d’efforts, pour toi. Encore et toujours. Te dépasser, te surpasser. Virer. Maitriser les turbulences et maintenant à atterrir… Et, il est où le plaisir de voler et d’être commandant de bord dans tout ça ?

Cet article est destiné aux élèves pilotes au sens strict du terme et à tous les pilotes qui en veulent plus : plus de qualifications, plus de lâchés machines, voler plus par exemple en se mesurant à soi-même.

Eh oui, tous les pilotes se forment, de nouvelles envies naissent. « Tiens, je suis pilote ULM, je commencerai bien le planeur », « Waouh, elle a l’air génial cette machine, j’ai envie de me faire lâcher dessus (= être autorisé à voler tout seul comme un grand dedans). Comment dois-je faire, Bibi, t’es instructeur toi ?! »…

Dans cet article, je partage avec toi :

-une des deux expériences qui a failli me faire quitter définitivement le monde aéronautique (tu sais, toi et moi, nous sommes loin d’être des cas isolés…) ;

– pourquoi tu as l’impression que dès qu’une difficulté est surmontée, une autre apparaît ou simplement pourquoi tu as l’impression de traverser le désert…

– quel est le second facteur qui favorise de beaucoup statistiquement tes risques d’abandonner ta formation de pilote en cours de route ;

– les conseils à retenir dans cette situation et surtout les deux essentiels à appliquer tout de suite.

La première fois où j’ai failli claqué définitivement la porte du monde aéronautique…

C’était le vol juste avant mon brevet. (Mais, ça, bien sûr, je ne le savais pas. Tous les initiés du club savaient que j’allais très bientôt être brevetée, voir durant le week-end. Tous ? Sauf moi… C’est partout d’ailleurs…)

Je te plante le décor

L’aéroclub ou j’ai appris a piloter était en plaine (donc pas en montagne! =)…). Ce jour là, il y avait 20 a 30 km/h de vent. Les pilotes planeurs du club râlaient. Ce n’étaient pas les meilleures conditions de vol pour eux.

Pour tout te dire, ils avaient plutôt l’habitude d’excellentes conditions météo pour voler en planeur. Je te précise ?

  • Un plafond a 1500m au dessus du sol
  • Un variometre en prise de pompe a +2 a 3 m/s
  • Une cumulification qui commence tôt et se finit tard
  • Beaucoup de champs vachable (ou tu peux te poser sans casser ta machine ni craindre pour tes fesses)
  • Des zones réglementaires plutôt cool (pas d’aéroport a fort trafic tout près, en clair)

La le plafond était a 1000m, avec beaucoup de vents pour les habitués

Des conditions météo de merde pour eux. Des conditions souvent rencontrées dans beaucoup d’autres clubs, mais la, je l’éloigne de mon sujet.

Moi, j’étais contente. Contente de voler. Contente de passer le week-end dans un aéroclub, j’avais fait 600 km aller-retour pour ça, avec train , covoiturage, transports en commun. Je te passe les détails… En plus, je trouvais ça cool aussi de retrouver des personnes de tous âges pratiquant différents types de vol ou simplement des anciens pilotes venus juste pour parler entre passionnés.

J’avais été lâchée depuis quelques temps. Je faisais des vols solo. Ça me bottait. J’avais réussi a passer tous les apprentissages, toutes cette sueurs, les remises en questions, les doutes, les peurs, étaient juste derrière moi.

Je venais a peine d’en fermer la porte et je pouvais savourer le plaisir d’être commandant de bord. Pas vraiment pour le statut ou pour la gloriole. Devenir pilote, je l’ai fait pour moi. Pour le plaisir de voyager, de rester en l’air pour la beauté de l’instant et du paysage. Pour le plaisir de contempler une superbe région du ciel. Toute seule en l’air. Avec nombre d’autres personnes partageant la même passion que moi au sol, juste en me posant et en décollant, je pouvais échanger avec eux.

J’ai voulu décoller, toute guillerette mais, bien évidemment, avec de l’appréhension.

L’instructeur présent sur le terrain a pris un air sceptique.

“Je ne sais pas. Tu sais, il y a vraiment beaucoup de vent. Tu es lâchée, oui, mais les conditions peuvent être difficile pour toi. Tu as vraiment envie d’y aller? Bon, d’accord, mais c’est vraiment parce que tu insistes.”

“ Tu mets le biplace en piste. Tu fais tout comme si tu étais toute seule. Je t’accompagne. Sinon, je ne te laisse pas décoller toute seule. Tu es trop jeune. Tu manques d’expérience. Pas encore brevetée.”

C’est pas les phrases exactes, mais les idées y sont.

Je m’éloigne de l’instructeur. Mon cerveau reformule. Bon d’accord, je manque d’expérience, c’est mais j’ai quand mes dix vols solo dont un de plus de deux heures. Oui, il y a beaucoup de vent. Je me suis peut être laissé emporter à ma forte envie de voler…

Ce qui m’a tant fait flipper…

Ce n’est rien de physique. C’est uniquement de l’ordre de l’émotionnel et du psychologique. Tu sais, les trucs invisibles dont on ne connaît pas vraiment la portée à moyen et long terme.

En fait, ce qui m’a fait peur, c’est tout bête. Ça tient seulement en quelques phrases. Ça risque de te surprendre, alors, je préfère bien te prévenir…

Avant le vol, l’instructeur m’avait fait comprendre que je n’étais pas au niveau pour voler seule. Il m’a dit qu’il m’aiderait en l’air.

En l’air, durant le vol, je me suis débrouillée toute seule. En prenant un véritable plaisir à voler et à découvrir de nouvelles conditions météo et à les exploiter. L’instructeur est resté muet. Je m’étais même demandé s’il ne s’était pas endormi.

Le hic est venu au moment de l’atterrissage. L’instructeur s’est réveillé pour me dire que le plus dur, la phase cruciale était l’atterrissage et qu’il allait vraiment m’aider.

Tu parles d’une aide… Je m’en serais bien passé. Je l’ai plus vécue comme un sabotage qu’autre chose.

A chaque fois que je préparais mon tour de piste (PTL pour les intimes), l’instructeur me disait : « Pourquoi tu fais ça? », « Comment tu sais ? », « Tu es sûre ? », « Tu es vraiment sûre ? », sans jamais aucune confirmation de sa part. Juste des insinuations et des doutes. Jamais de validation lorsqu’il m’en avait »promis ».

Au final, une surchage mentale (car je devais tout vérifier, tout expliciter, tout montrer et remontrer) accompagné d’un manque de soutien et d’une baisse de confiance en moi.

C’est tout.

Pas de briefing avant vol.

A l’atterrissage, pas de debriefing. Refus total de l’instructeur de m’adresser la parole, malgré différentes demandes de ma part(allant de la demande polie à une demande respectueuse mais énervée).

Après cette expérience « mythique » (seulement pour ma petite personne…)

Ce vol m’a fait peur, très peur d’ailleurs. J’ai perdu toute confiance dans mes capacités de pilotage.

J’ai tellement été effrayée que j’ai refusé de passer mon brevet. J’ai voulu tout abandonné, tout laissé tomber juste avant de passer la ligne d’arrivée. Et, pourtant, cette ligne était à un pas de moi. A simplement un jour, en fait. (Le lendemain, j’étais officiellement pilote planeur.)

Plusieurs membres de mon club ont essayé de me raisonner. « Passe au moins ton brevet ! » ou bien « Tu as ton théorique, et toutes les formalités sont faites. Présente-toi demain à l’examen, tu verras bien ! »

Pourquoi me présenter à l’examen ?
– Je n’avais plus aucun plaisir à voler.
– Je n’avais plus confiance dans mes capacités de jugement à piloter.
– Je n’avais pas conscience de tout le chemin que j’avais parcouru, de toutes les connaissances que j’avais acquises.

Pourtant, le lendemain, j’étais quand même là. J’ai volé. J’ai eu mon brevet de pilote. Et tu sais quoi ? Le diplôme en poche, j’ai arrêté. Fin de l’histoire. Qui aura duré deux ans.

J’ai reçu mon diplôme de brevet, je ne l’ai même pas signé. J’avais juste envie d’oublier que j’avais été un jour pilote. J’ai foutu ce papier (un diplôme qui m’a tant fait transpiré !) dans un coin de mon bordel, pour l’oublier très longtemps. C’est mon père qui me l’a ramené plus de dix ans après. Je ne sais plus que j’avais reçu un diplôme de brevet de pilote planeur…

En fait, lors de ce dernier vol avant de passer du stade officiel d’élève pilote à pilote …

…Mon égo en avait pris un coup.

C’est de la faute de qui ? Qui est le coupable ?

Tout est de la faute de l’instructeur ? Ben non, mon ego aussi a été touché.

Cet instructeur ne faisait quasiment pas de debriefing. Il le faisait au coup par coup au sol, en petite touche.

Pas besoin de chercher un coupable.

Pas besoin de chasse aux sorcières.

Nous sommes dans l’humain, dans l’apprentissage, la communication et les échanges.

La gestion du stress, en vol ou au sol, ça s’apprend.

Pour ça, pour déjà savoir qu’il est fortement recommandé d’apprendre à gérer son stress, rien de tel que l’expérience.

Ce vol, finalement, n’est pas si terrible au niveau des conditions météo. Des années plus tard, j’ai décollé seule et sereine dans de telles conditions en restant bien évidemment en local du terrain (voir au dessus, mais toujours au vent du terrain).

Des expériences comme ça…

…Ça fait partie de l’école de la vie et de l’école ou de la formation continue des pilotes.

Expérience aéronautique anecdotique, vraiment ?

Bon, je vais te parler franchement.

Si tu rigoles de ce récit, je t’invite à arrêter ta lecture. Ferme la page de ton navigateur et va voir autre chose sur Internet, des chatons en train de jouer avec des pelotes de laine par exemple.

Je débloque, je perds la boule ?

Si tu es inscrit pour recevoir plein de trucs et astuces, de conseils de ma part pour oser plus, voler plus ou moins cher, je te remercie de te desinscrire tout de suite.

Pourquoi je te demande ça, cher lecteur ?

Parce que nous ne sommes pas sur la même longueur d’ondes.

Ca veut dire que tu sous-estimes la part des facteurs humains dans le pilotage, tant au niveau de la confiance en soi et que de la charge mentale du pilote.

Par exemple ?

J’ouvre une parenthèse pour te donner un exemple aberrant de l’effet de la charge mentale du pilotage sur un pilote lambda.

Je connais un instructeur ULM qui prend des pilotes ou des élèves pilotes sûrs d’eux en leur disant avant le pilotage : « tu vas voir, à la fin de ton vol, tu ne seras plus faire 1+1 = ? ». Là, il y briefing et debriefing avec un instructeur. C’est dans une logique annoncé et validé par l’élève avant le vol. C’est éthique et constructif. Ça n’en reste pas moins très déstabilisant pour la personne qui vit cette surcharge mentale.

Portée à moyen/long terme d’un vol désastreux avant brevet ?

En fait, ça dépend vraiment de chacun et chacune.

Soit tu es frustré, écoeuré et tu t’arrêtes. Mais, la vraie question, c’est : qu’est-ce que tu vas t’arrêter sur le long terme ?

Ce vol, avec le recul, n’a pas mis fin de ma casquette de « pilote ». J’ai repris le vol. J’ai arrêté un an, puis je revole. Ca dépend des phases de ta vie, de tes envies, de ton temps de libre, de l’état de tes finances.

Après ce vol, je n’ai pas compris pourquoi j’avais trouvé qu’apprendre à voler avait été si difficile.

Les autres pilotes me parlaient d’un plateau dans les apprentissages. Oui, mais encore ?

Et, tu fais quoi, sur le moment, avec tes doutes, tes craintes et ton appréhension de ne pas voir le bout du tunnel, d’obtenir ce satané brevet de pilote pour enfin pouvoir voler solo. Et, surtout, voler en solo sereinement et avec plaisir…

Tu as peur de devoir faire face à diverses difficultés floues sans éprouver de plaisir ?

« Dès une difficulté surmontée, une autre apparait ! et il est OU le plaisir ? » Ah, ah, excellente question. Beaucoup d’interrogations. Des incertitudes…

C’est comme dans la vie.

Se dépasser, se surpasser, inventer sa vie, la rêver, puis chercher à la vivre, pas à pas, petit à petit, chercher à concrétiser ses rêves.

Les 4 phases, dont la traversée du désert…

Tu sais, il existe différentes phases par lesquelles chacun de nous passe systématiquement quand nous voulons découvrir, apprendre puis maîtriser quelque chose.

Pour chaque nouvel apprentissage, chaque acquisition de nouvelle compétence, comme apprendre à piloter ou d’habituer à une nouvelle machine pour être lâchée dessus, tu peux mettre en évidence un même processus en 4 étapes.

Connaître ces étapes permet de mieux se situer dans ton parcours. Et ça, c’est très important et très souvent, nous le sous-estimons, oubliant un principe de la réussite important : se laisser un délai d’apprentissage suffisant…

Le processus d’apprentissage se fait naturellement lorsque tu apprends en observant puis en imitant, ou lorsque l’apprentissage a un sens pour celui qui apprend.

La première étape c’est le fait d’être Inconscient – incompétent : Je n’ai pas les compétences mais je n’en ai pas conscience. Je suis ignorante et innocente. Je ne sais pas que je n’ai pas la capacité de comprendre et d’agir. Pour résumer : je ne sais pas que je ne sais pas. Il n’y a aucune raison de démarrer un nouvel apprentissage si je pense que cela ne va rien m’apporter.

La deuxième étape, c’est le fait d’être conscient -incompétent : Je sais que je ne sais pas. Je réalise que je vais devoir apprendre pour arriver à mon objectif. Parfois, ce que je veux apprendre est plus dur que ce que je m’étais imaginée. C’est une phase qui peut être assez difficile, mais l’objectif en vaut la peine.

Il s’agit d’une phase où tu ne progresses plus, à ton plus grand damne. Ça peut être aussi de patienter pendant que tu ne peux pas voler : terrain détrempé, budget loisir aéronautique serré… Il y a tellement de raisons possibles !

La troisième étape est le fait d’être conscient – compétent : J’ai appris, mes capacités ont augmenté, j’ai presque atteint mon objectif. Mais je dois encore me forcer à appliquer ce que j’ai appris, je dois y penser pour mettre en pratique.

La dernière étape c’est le fait d’être inconscient-compétent : J’ai exercé mon nouvel apprentissage. La pratique est largement supérieure à la théorie, à tel point que c’est devenu une habitude, un réflexe. J’agis intuitivement.

Lorsqu’on a une habitude, un réflexe, c’est qu’il existe une connexion au niveau du cerveau qui s’est installée. Lors d’un nouvel apprentissage, il faut créer cette nouvelle connexion. Les 4 étapes que je viens de vous décrire permettent cela. Et lorsqu’on atteint la dernière étape, lorsque l’apprentissage est devenu naturel, intuitif, alors la connexion a été établie au niveau du cerveau.

La cinquième étape…

C’est la maîtrise !

C’est là où tu te régales.

C’est là où tu fais des vols pour le plaisir, où tu peux ressentir des sensations de liberté (je t’en parle ici et d’une autre façon dans cet autre article).
Et, c’est à cette étape là, juste au tout début, juste au moment de mon brevet de pilote que j’ai jeté l’éponge…

Il existe une cinquième étape qui s’appelle la maîtrise. C’est lorsque notre niveau de compétence est supérieur à ceux des autres. Le savoir et l’expérience acquis permettent de comprendre le principe d’action, de l’expliquer et de le transmettre à d’autres. Parfois, suite à certains apprentissages nous devenons des experts.

Et lorsque nous apprenons par plaisir et par passion, alors très tôt, les enfants deviennent experts dans certains domaines. Ce n’est pas rare de voir des enfants de 10 ans se spécialiser dans un apprentissage, devenir experts, et en faire leur métier plus tard.

Je trouve cela fascinant : savoir très jeune ce qu’on a envie d’approfondir et ne trouver aucune restriction dans cet apprentissage. D’une passion nait une vocation.

Connaître les différentes étapes de l’apprentissage permet de savoir où on se situe dans un apprentissage, comment bien vivre cet apprentissage, et surtout, définir son objectif.

Avec le recul…

Quel dommage avec le recul, j’aurais pu voler bien plus. J’aurais un autre niveau. Mais j’ai la vie devant moi pour continuer à voler.

Heureusement avec le recul que j’ai poussé jusqu’au brevet.

Pourquoi ? Parce que le jour où j’ai poussé à nouveau la porte de mon aéroclub actuel, je n’avais pas à tout reprendre. J’ai pris des cours, certes (évidemment d’ailleurs!), pour me remettre en selle, mais toutes les démarches administratives, stress de passage d’examen, etc. étaient loin derrière moi.

Un conseil : fais une pause, respire et ferme les yeux.

Souviens toi de pourquoi tu as voulu apprendre ce que tu es en train d’apprendre.

Pourquoi tu as voulu apprendre ce que tu es en train d’apprendre?

Non, ce n’est pas un bug, j’ai bien écris deux fois la même chose, parce que c’est hyper important et parce que j’aimerais vraiment que tu prennes 30 secondes pour te concentrer sur cette question. C’est vital !

Pourquoi tu as voulu apprendre ce que tu es en train d’apprendre?

Pourquoi est-ce que tu…

Mon expérience personnelle, pour t’illustrer le contexte.

Voler. Rien que ce mot, rien qu’à l’entendre et les pensées de millions d’êtres humains se tournent directement, immédiatement et irrévocablement vers le ciel, attiré par sa grandeur.

L’esprit et les pensées partent, s’envolent, rêvent, libérés… Seul le corps reste présent sur Terre.

J’ai tenté quelques disciplines dans le large domaine de ce qui vole. Tant le vol libre que le vol moteur. Tant en plaine qu’en montagne.

J’ai fait un tour en parapente. C’était bien. Mais… je n’ai pas trop apprécié de me lancer dans le vide et d’avoir les jambes qui ballotent sans truc où les poser.

J’ai fait un saut en parachute. Aïe aïe aïe ! J’ai fermé les yeux et j’ai eu cette sensation de vide pure, intact, non dilué, d’être vraiment rien, juste un truc qui se fait balloter.

J’ai recommencé une seconde fois pour pleinement apprécier le saut lui-même. Et, je me suis bien accrochée à Franck, mon « porteur ». J’ai bien aimé.

J’ai fait un vol en petit avion, un 4 places. A l’époque, je ne savais même pas que ça existait. Je pensais qu’il n’y avait que les gros charters. C’était bien. Mais, bonjour le bruit environnant et cette forte odeur d’essence.

J’ai croisé un jour le chemin d’un homme qui m’a fait mon premier vol en planeur. J’ai fait un tour en planeur. Un premier vol. Et… Qu’est ce que j’ai accroché !

J’ai littéralement adoré. J’ai découvert cette sensation d’être en lien avec l’invisible et des forces de la nature. Je volais sans moteur sans comprendre comment… Sans rien comprendre d’ailleurs. Je ne me suis pas posé de questions. J’étais juste là. Attentive. Ressentant.

Sensations de glisser de nuages en nuages, dans un magnifique ciel bleu.

Dégustant le plaisir enivrant de contempler la vue et d’apprécier de voler comme un oiseau.

Dans le silence.

Et, pour la joie de voir le simple tout petit nuage, cette nuelle-là, sous laquelle nous avions commencé à monter, se transformer au fur et à mesure de nos spirales en un magnifique gros nuage cotonneux.

Ce vol là, c’était un vol de cinq minutes. Et bien, non, en fait, la montre du commandant de bord indiquait une heure écoulée. Une heure qui a filé à une vitesse dingue, ahurissante.

Expérience époustouflante.

Une fois posée, je suis aller voir directement le chef pilote et je lui ai posé, à sa grande surprise beaucoup de questions.

En partant, je lui ai lancé un « au revoir » et « au mois de novembre », pour commencer mon apprentissage du pilotage d’un planeur en bénéficiant des mois d’hiver.

Une heure a suffit à m’intoxiquer pour très longtemps d’une envie : voler. Voler. Voler. Voler.

Je n’étais pas prédestinée à cela.

Déjà, je suis une femme. Très rare sont les femmes qui volent. C’est historique. Pas ou très peu d’instructeur voulant apprendre aux femmes à voler, même encore dans les année, 1960 voir 1980, voir même aujourd’hui à cause des croyances limitantes, qui peuvent être inconscientes.

Ma famille n’est pas issue de l’aéronautique et n’a rien à voir avec. Même pas un attrait de très loin. Rien du tout.

J’étais, je suis restée longtemps et je suis encore ponctuellement technophobe. Alors, piloter un avion… Ah ah ah ! Un planeur, pourquoi pas ? Pas de moteur, de piston, pas d’huile, pas d’essence. Juste une coque de plastique.

Pourtant, en une heure, une petite graine de la passion a été semée dans mon âme. Voler. Voler. Voler.

Une des clés du succès ?

La connaissance. Avec un grand C.

Avec le C de CAPABLE, de CAPACITE.

Et la connaissance la plus importante c’est celle que tu investis en toi !

Ca developpe au fur et à mesure, petit à petit, un sentiment de puissance. Attention quand même, tu n’es pas tout puissant dans les airs ! Comme à chaque chose dans la vie, tout est une question de mesure 😉 !

Savoir, c’est pouvoir.

Piloter une machine, c’est aussi être capable de piloter ta vie.

Dans une certaine mesure.

Dans la mesure de tes croyances limitantes.

Explose tes limites mentales !

Sache-le, le savoir n’est jamais gratuit. Il se paye soit en temps passé à apprendre, soit en monnaie sonnante et trébuchante, soit en énergie, soit dans une combinaison temps-argent-énergie.

Le second facteur d’abandon, la seconde cause d’arrêt de toutes activités aériennes…

J’ouvre une simple parenthèse, juste pour te dire que ça existe…

C’est aussi une des principales causes d’arrêt de pilotage, même quand un pilote est breveté depuis des années…

A ma grande surprise, il ne s’agit pas de l’argent. Oui, Des ailes pour rêver te parle de plusieurs pratiques aéronautiques : ULM, avion, planeur, parapente, simulateur de vol. L’argent est souvent évoqué sur les terrains, mais, les pratiquants, les accros à l’Air se débrouillent en général pour le budget. Ou, ils vont revenir dès que le porte monnaie sera mieux rempli.

L’une des rares raisons d’abandon est le manque de convivialité, le manque d’ambiance dans les aéroclubs.

Réglementation ceci…

Faire attention à cela…

Et les histoires des Anciens, des Expérimentés trainant au club juste pour le plaisir de tailler la bavette et de raconter des histoires sur les vols qui les ont marqués ? Sur

De plus, en m’inscrivant comme élève pilote ULM, je pensais trouver au sein du club, une ambiance, du partage, mais c’est la solitude qui règne !

A l’heure d’Internet, c’est la beauté de la chose. Des pilotes disent que malheureusement, Internet apporte son lot de contraintes. Je trouve qu’au contraire, Internet, pour ce qui est de l’aéronautique, permet une ouverture exceptionnelle. Plus besoin de devoir aller à l’aérodrome pour avoir un avant gout de la convivialité quel ’on espère trouver dans un “petit”milieu de passionnés.

Conseils et expériences de vie

Voler, une des écoles de la vie

Une pilote m’a écrit : “Et puis, pourquoi continuer alors que je n’éprouve que craintes sans plaisir… pour voler ensuite seule dans les mêmes conditions ? Je suis sur le point d’être lâchée et… c’est moi qui ai lâché la formation. J’ai mis les leçons en stand bye pour quelques temps ou bien définitivement !”

Garde bien en tête plusieurs règles fondamentales, qui sont aussi valables dans d’autres domaines de la vie :

– Ne reste pas seul. Fais-toi accompagner !

– Qui ose, gagne ! ose faire le premier pas vers ton voyage de découverte du monde aérien. Rompt l’inertie.

– Savoure chaque grande étape. Fêtes-les ! Elles sont très importantes.

– Le chemin est aussi important que la destination, sinon plus ! Profite de chaque instant, même si tu aimerais aller plus vite, même si tu te sens seul ou perdu.

– Laisse-toi des délais d’apprentissage suffisants. C’est le tombeau de nombre de projets. Garde bien à l’esprit que le stress et la démotivation sont les principales causes d’abandon des activités aériennes.

Voler, c’est une des école de la patience et de l’humilité. Chaque chose est importante à sa propre échelle. Ton premier vol. Ton premier atterrissage tout seul. Ta première navigation. Ton premier passager emmener. Tes premières mille heures. Ta première compétition.

As-tu fais ce que je t’ai conseillé?

A ton tour, fais une pause et réponds à la question que je t’ai déjà posé précédemment : « Pourquoi as-tu voulu connaître/ maîtriser/ savoir faire ce que tu es en train d’apprendre ? »

Es-tu en pleine traversée du désert ?

Si, je puis aller plus loin dans mon conseil : va au moins jusqu’au diplôme, jusqu’au brevet de pilote. Quitte après le monde de l’aéronautique, mais sur un succès que tu pourras accrocher au mur. Ce pourra être une trêve ou une pause tout simplement.

Célébrations !

C’est normal d’avoir peur quand tu commences une nouvelle activité. Mais avec des « si », tu mets des avions en bouteille…

Donc, si tu as peur, mais tu agis quand même !

Si tu veux te rapprocher de ton rêve bien sûr…

Si c’est ton rêve ou une envie qui vient de toi, et pas d’une autre personne…

Célèbre chaque passage important, chaque victoire. Tu peux m’envoyer aussi une bouteille de champagne par exemple. Je rigole, bien sûr (quoique…). Envoie un email à tes proches, à ton mentor. Offre toi un cadeau, un beau livre par exemple.

Avec beaucoup de recul…

“Hier, je suis allé à l’aéroclub (pour mise au point d’une bidouille pour préchauffer les moteurs avant le démarrage). Vu le temps, le club était désert et les avions bien rangés dans le hangar. Ben en voyant le DA40, je me suis dit: il est beau, et… Et je sais le faire voler… Presque étonné de ça . Depuis toutes ces années,je suis toujours autant épaté par ce privilège de sortir un avion, de s’y installer et de… voler ! Il m’arrive souvent d’embarquer des personnes qui sont surprises de partir sans demander l’autorisation et qui m’en font la remarque.
Quand aux frustrations, presque rien, ce n’est que temporaire, et l’aviation enseigne aussi la patience, la sagesse de dire, là, non, je ne décolle pas. Je te le concède, c’est un peu plus long pour le planeur, encore plus exigeant côté météo. La vraie frustration serait et même sera, la perte de la licence …”

Tu veux en savoir encore plus?

Je t’invite à lire alors l’article que j’ai écris sur l’âge des pilotes. J’y détaille la notion d’auto saboteur et de l’importance des facteurs humains. Prêt pour un nouveau décollage ? Prêt, feu, clique !

Photo d’Antoine Alacusos. Merci à toi Antoine !

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Comment et pourquoi continuer à voler malgré les efforts, voir le manque de plaisir ? (pilote ulm, planeur, avion)
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Une pensée sur “Comment et pourquoi continuer à voler malgré les efforts, voir le manque de plaisir ? (pilote ulm, planeur, avion)

  • 16 octobre 2017 à 8 h 23 min
    Permalien

    Bonjour.
    Merci pour ce blog rafraîchissant et tout simplement intelligent. Il fallait une femme pour insuffler une réflexion pertinente dans un monde vélivole un peu machiste. Étant instructeur, je ne peux que blâmer celui qui n’a pas su ou voulu t’encourager lors de ton brevet. Il faut savoir qu’autrefois, la méthode « Full Metal Jacket » demandait à l’examinateur de stresser le pilote pour tester ses capacités en situation dégradée. Reste que la méthode peut briser une personnalité sensible. Il est toujours plus facile de « casser » que de « construire ». Merci encore de montrer qu’une autre méthode est possible. Je pense que l’instructeur moderne doit savoir « murmurer à l’oreille du pilote » plutôt que le « débourrer ».

    Bonne continuation.

    Jean-Marie Alard
    FI (S)
    Médecin aéronautique

    Répondre

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