Charl#8 Stage campagne à Issoudun en 1999 (planeur)

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Aujourd’hui, j’accueille un invité : Charles Boulanguez.

Il est pilote planeur depuis 1999.

A l’époque, pas de GPS, pas de simulateur de vol planeur, pas de Flarm, très peu de technologie à bord. Nous pilotions grâce à la carte aéronautique et à notre boussole.

Pour son club, il avait décidé de coucher par écrit ses souvenirs aéronautiques.

Ceux qui l’avaient le plus touchés, ceux qui lui ont le plus appris.

Par respect pour ses écrits, je n’ai rien modifié. Je n’ai pas changer sa mise en forme.

(Le dessin me fait toujours rire. ^-^ Il est extrait du livre « Quand Maman vole en planeur, Estelle et Thibaut racontent« .)

Stage campagne à Issoudun en 1999

La réputation du Berry terre bénie du vol à voile en plaine est usurpée, et je vais vous expliquer pourquoi. L’autochtone y est au demeurant fort sympathique, mais il a, à mon avis, trop souvent le coin de l’œil qui rigole quand il observe notre comportement : l’un redescend parce qu’il a faim et chaud, l’autre a envie de pisser sitôt en l’air, le troisième ne se pose pas vraiment là où c’est prévu, le dernier court après une pellicule voire un appareil photo, ou répare un baro à coup de démonte-pneu, il y a là de quoi interloquer l’observateur le plus placide.

Voyage : ils nous ont obligés à traîner un planeur jusque là. Je ne vous parle pas de la surconsommation, du prix des péages, mais rien que pour s’arrêter, il faut préméditer son coup : on arrive à occuper dix huit places de parking, et je ne dis rien des manœuvres, ni des bordures de trottoir qui se rapprochent subrepticement et insidieusement de l’essieu, sans compter l’importance du porte à faux : c’est ainsi qu’un cycliste accroché par le maillot a fait quelques kilomètres avec nous, heureusement, c’était sa route.

Hébergement : j’ai dû faire mon lit moi-même, j’ai dû participer (aussi modestement que j’ai pu) à la corvée de vaisselle, j’ai dû prendre ma douche à 850 m au moins de ma chambre en mouillant mes petites pantoufles dans la rosée du matin, et il n’y avait pas de coquetier pour mon œuf coque du petit déjeuner. C’est dire qu’en ce qui concerne le cantonnement ma désapprobation est complète. Vol sur la campagne : A la période choisie par les organisateurs, il n’y a pratiquement aucun champ vachable, le blé et le mais sont trop hauts, ne parlons pas du colza ni des bois. Seuls quelques terrains privés seraient posables, encore faut-il les trouver. Je me souviens d’avoir spiralé verticale d’un terrain qu’on n’a jamais vu vraiment. Bref, le stress.

Le terrain d’Issoudun : des pistes dans tous les sens, des taxiways de tous les cotés, à ne pas s’y retrouver (j’en connais au moins un qui s’y est perdu), superbe sur la carte VAC, mais pratiquement invisible vu du ciel, perdu dans un paysage plat comme la main, sans repère précis, indiscernable des champs voisins, même les plus anciens du club en conviennent.

Briefing déprimant au possible : thalweg sur le nord de l’Ecosse, dorsale quelque part ailleurs, j’ai oublié, ça ne sera pas fameux aujourd’hui aux dires du chef-pilote. Je m’apprête à une journée mi belote mi scrabble quand il propose de petits circuits de 180 à 250 km (le 250 sans trop y croire). Le mauvais temps ici, c’est quand tu ne peux pas faire 300 km les doigts dans le nez.

Contact radio avec celui-ci pour telle zone, information avec celui-là pour telle autre, autorisation pour une troisième, interdiction formelle pour une quatrième, tout ça en 3D comme ils disent maintenant, fréquence de travail entre planeurs, tu te sers plus de ta radio que du manche. Le vol à voile espace de liberté, c’est râpé. Et en plus on t’offre Radio France International, que si tu veux rester en local, tu as plutôt intérêt à choisir des pompes sans musique. Accessoirement, ça perturbe aussi les varios électriques.

Montage planeurs, démontage planeur, promenade planeur (en remorque), petite réparation planeur (Philippe est désormais lâché résine, option tissu de verre), remontage planeur, là on n’est pas vraiment dépaysé, c’est comme chez nous, où l’on revient plus souvent en remorque que par les airs.

Un chef pilote qui t’empêche de prendre les pompes que tu veux, qui est pressé d’en chercher une grosse plus loin alors que tu en tiens une petite ici (« un tiens vaut mieux que deux tu l’auras »), tu viens pour faire de la ballade sur la campagne, tu te retrouves dans un rallye chronométré. Les châteaux de la Loire, tu ne les vois qu’un quart de seconde, le temps d’une photo qui ne sera de toute façon pas satisfaisante du point de vue esthétique (ce n’est pas Michel, ex-pro de la photo aérienne qui me contredira). Ils nous ont même emmenés dans le thermique pur, c’est dire qu’ils n’ont peur de rien là-bas.

Va-t-en comprendre, Charles, pourquoi j’espère y retourner l’an prochain !

Tu veux lire plus de récits de Charles

Charles a écrit au total neuf récits, dont celui-ci.

Voici l’ensemble de leurs liens sur le blog :

En bref

Et toi, quels sont tes souvenirs de l’un de tes stages campagne ou montagne (dans un autre club que celui où tu voles habituellement ? Partage-le moi dans les commentaires !

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Ailodie

Je m'appelle Ailodie. Pilote planeur depuis 2002, je suis aussi élève pilote ULM. Coach, auteure de livres sur ce qui vole et artiste peintre, je ne suis ni instructrice, ni compétitrice. J'ai découvert le plaisir de partager avec : d'autres pilotes, des pilotes faisant leurs premiers vols et leurs proches. Mère de deux enfants en bas âge, ce qui vole est ma passion au quotidien. C’est pour cela que j'ai fondé " Des ailes pour rêver " : mettre à ta disposition tous les conseils, techniques et astuces éprouvés pour concrétiser tes rêves d'évasion dans les airs, seul ou en compagnie de tes proches. Sans te prendre la tête, pas à pas et sereinement.

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