Pilote : 3 conseils pour surmonter ta PEUR d’ATTERRIR en avion/ULM et en planeur

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As-tu déjà ressenti cette peur d atterrir ?

Elle est présente pour les néophytes, les élèves et pour les pilotes !

Autant pour le vol libre que pour le vol moteur.

Dans les deux cas, tout le monde a peur de se poser.

Surtout au début.

Nous avons simplement peur de l impact avec le sol…

Nous sommes peur de mourir.

C’est aussi simple et aussi basique que cela !

Dans ce court article, je réponds à la question d’Henri qui réagissait à ma vidéo : Comment surmonter ta peur en vol ? (ulm, planeur, avion)

Je me pose juste une question principale.

C’est la présentation du planeur face à la piste sur un atterrissage.

Car tu n’as pas la possibilité de te reprendre, des gaz si tu te présentes mal. Par rapport à un coup de vent de dernière minute.

Je te rassure déjà : C’est normal d’avoir peu ! C’est même une réaction saine. ^-^

C’est normal de ne pas te sentir à l’aise dans les airs, même si tu es dans un « petit » avion comme le précise M Tout le Monde.

Sans la peur, l’être humain ne serait plus là. Au revoir Homo Sapiens Sapiens. C’est elle qui nous a fait courir pour échapper aux tigres à dents de sabre.

Il y a même des côtés positifs à la peur : elle augmente notre vigilance et notre capacité à faire face au danger.

On y va ?

Pour plonger au cœur de ce sujet « Comment surmonter ta PEUR d’ATTERRIR en avion/ULM et en planeur » qui revient très fréquemment en ce moment dans les coulisses du blog, je vais revenir sur les techniques de base de pilotage :

– Les différents cas de figures qui peuvent se présenter à toi (tu es élève pilote, tu as une panne moteur…)

– Je reviens sur la technique de l’atterrisage en avion au niveau de la finale et surtout pourquoi la manette des « gaz » est utilisée.

– Je reprends la technique de l’atterro en planeur, avec une commande très peu connue des autres pilotes : les aérofreins.

– En quoi ces deux techniques se ressemblent et divergent

Et, surtout, je vais te donner mes 3 conseils pour t’aider à surmonter ta peur.

Attention, décollage imminent…

Pour mieux atterrir, ensemble, en sécurité ^-^

Les différents cas de figures qui peuvent se présenter à toi

Élève pilote planeur : tu ne comprends pas comment te poser sans moteur

Alors, tu es dans le cas d’Henri.

Je t’invite à te concentrer et à lire attentivement la technique de l’atterrissage en planeur.

Il est déjà important que tu connaisses l’existence et le mode d’emploi des aérofreins.

Les néophytes ont confiance dans les gros charters, les avions qui les emmènent en vacances.

Et, comme nous tous ici bas, toi et moi avons peur de ce que nous ne connaissons pas.

Ta première étape est donc celle de la connaissance.

Ce sera mon premier conseils pour toi.

Pilote avion : tu as peur de la panne moteur et de te poser sans moteur

Tu as peur du vide.

Je n’ai aucun commentaire à faire là-dessus.

Pendant mes dix premières années de pilotage en planeur, je n’arrivais pas à changer une ampoule au plafond à cause de cette peur là.

Elle est difficile à surmonter.

Elle est littéralement ancré en nous.

Je l’ai surmonter en faisant de l’escalade.

Je n’ai pas un super niveau, mais, maintenant, grimper 11 mètres ne me posent quasiment plus de problème.

Alors que trois mètres étaient un challenge insurmontable quand j’ai commencé.

Essaye une initiation à l’escalade pour te confronter à cette peur si elle devient vraiment une angoisse.

Sinon, suis mes autres conseils à la fin de cet article.

Tu as peur de perdre tes repères et, surtout, peur de ne plus rien maîtriser

Là, je n’ai rien de brillant à t’écrire…

Nous, toi et moi, sommes devenus des pilotes pour déployer nos ailes et tenter de maîtriser un élément qui a même fait rêver Icare : les airs.

Je t »invite déjà dans un premier temps à lire avec attention la technicité de l’atterrissage en planeur.

Tu peux le faire !

La première étape est celle de la connaissance.

La seconde ? Suspens ! Je t’en parle plus bas.

Comment se déroule un atterrissage en avion ?

antoinea (4)

L’atterrissage est la dernière étape de la « finale », qui est elle-même la dernière étape du tour de piste traditionnel en L.

En général, l’atterrissage d’un avion se déroule en trois points, comme nous le rappelle gentiment Wikipedia, avec mes propres annotations, bien sûr ^-^ :

1/ Dès que l’avion passe au-dessus du seuil de piste

Le pilote exécute un arrondi en cabrant l’avion pour réduire la pente de sa trajectoire afin que cette dernière soit parallèle à la piste.

En même temps, il réduit la puissance des moteurs et « relève le nez » de l’avion.

Autrement, c’est là où le pilote réduit les gaz.

Le but de cette manœuvre ? Augmenter la portance et que le train principal prenne contact avec le sol en premier.

En clair : Mieux vaut que ce soit les roues de l’avion qui touche le sol que l’hélice…

2/ Dès que la prise de contact avec le sol est effectuée

Le pilote réduit complètement la puissance des moteurs.

Puis, il commence à freiner (avec les inverseurs de poussée si possible). 

Les déflecteurs sont sortis pour provoquer un décrochage de l’aile et ainsi diminuer drastiquement la portance.

3/ Dès que le train avant touche le sol

Le pilote peut augmenter le freinage (il utilise les inverseurs si possible), jusqu’à l’arrêt quasi complet de l’avion.

Il se dirige ensuite vers son point de parking.

Le train principal assure l’absorption de l’énergie lors du toucher des roues sur la piste.

Puis l’ensemble du train permet le déplacement de l’avion et son freinage lors du roulage au sol.

Comment atterrit un planeur ?

L’approche finale est décisive en planeur

Ici, pas de remise des gaz possible. Un planeur n’a pas de moteur pour se poser.

Et, si tu me parles de motoplaneur se posant avec moteur, alors, tu gères l’atterrissage en faisant une compilation de l’atterrissage vol moteur (tu as des gaz) et vol libre (tu as des aérofreins).

Donc, il faut vraiment garder ton gilet de sauvetage : l’altitude et la vitesse.

Je l’écris autrement : mieux vaut être trop haut que trop bas en début de finale.

Et le vent dans tout cela ?

[Une de mes principales peurs] est la présentation du planeur face à la piste sur un atterrissage.

Car tu n’as pas la possibilité de te reprendre, des gaz si tu te présentes mal.

Par rapport à un coup de vent de dernière minute.

Lors d’un atterrissage, il faut garder une vitesse constante : celle de l’atterrissage recommandée par le constructeur, en tenant compte de la vitesse du vent et de la force des rafales au sol.

Pas besoin que je te mette ici des formules mathématiques, je veux rester sur le sujet de l’article : la peur de se poser.

Donc, le vent de dernière minute n’est pas du tout un problème.

Le vrai problème est si tu as une vitesse d’approche trop faible ou que ton altitude est trop faible.

Je vais t’en parler plus en détails.

Accroche -toi bien à tes sangles et concentre-toi, je vais te sortir le jargon technique, une fois n’est pas coutume.

Oui, le jargon c’est utile, car il permet de décrire précisément des actions et des étapes.

Et, là, j’en ai besoin.

Généralités sur l’atterrissage en planeur

Je cite une excellente explication du site de Didier Morieux :

Cette approche finale dure au moins 30 secondes pour un parcours d’au moins 500 mètres.

Sur cette trajectoire rectiligne, dans l’axe de la piste, le pilote doit afficher une vitesse de vol et une pente de descente qui permettent d’aboutir à un point fixe imaginaire en entrée de piste.

Ce point d’aboutissement se situe un peu plus loin que le début de piste mais il peut être décalé en fonction des obstacles éventuels.

Le point d’aboutissement doit être visé en permanence car il correspond à la zone d’impact du planeur avec le sol, si le pilote bloque le manche à balai sans arrondir la trajectoire.

Aussi, tout en cherchant à atteindre le point d’aboutissement, le pilote doit afficher et conserver une vitesse optimale d’approche qui est unique et propre au planeur utilisé :

– Si cette vitesse est trop faible, l’approche sera trop courte et le contact avec la piste sera dur.

– Si cette vitesse est trop élevée, l’approche sera trop longue avec un risque de rebondir sur la piste et de se poser trop loin, voir après la fin de la piste.

C’est là où tout se joue !

Le pilote doit donc maintenir la vitesse optimale d’approche et la pente optimale en se servant des aérofreins.

AF ou aérofreins, qu’est-ce que c’est ?

C’est le truc rouge qui sort des ailes du planeur sur la photo.

Okay, je te le dis autrement, avec le jargon aéronautique et tout et tout :

 » Les aérofreins sont des commandes de vol d’un aéronef permettant d’augmenter la traînée pour diminuer la vitesse. »

Les vélivoles s’en servent :

– lors d’une descente rapide pour sortir d’un nuage qui nous aspire par exemple,

– de la phase finale et après l’atterrissage.

Sur les planeurs et la navette spatiale, ils permettent en outre de contrôler l’angle d’approche, puisqu’il n’y a pas de manette des gaz.

En te donnant une approximation, les aérofreins te permettent de chuter plus.

Les pilotes planeurs s’en servent en parallèle avec des actions sur le manche pour se poser.

Comment le pilote joue sur le manche et les AF pour se poser ?

Pour cela, le pilote s’aide d’un repère pris sur la verrière qu’il fait correspondre au point d’aboutissement :

– Si le point d’aboutissement passe en dessous du repère

Ou s’il disparaît sous le fuselage

Alors l’approche est trop courte avec aussi une pente finale trop forte.

Le pilote doit, dans ce cas, réduire la pente et, en même temps, rentrer une partie des aérofreins :

– jusqu’à obtenir la vitesse optimale d’approche

– tout en rejoignant la pente optimale d’approche.

– Si le point d’aboutissement passe au-dessus du repère

Alors l’approche est trop faible.

Le pilote doit, dans ce cas :

– augmenter la pente et, en même temps,

– sortir davantage les aérofreins.

Pour ne pas dépasser la vitesse optimale d’approche tout en rejoignant la pente optimale d’approche.

Les deux techniques d’atterrissage vol moteur / vol libre sont-elles si différentes ?

Je cite à nouveau Henri qui explique très bien en deux phrases ce que beaucoup d’elèves pilotes craignent :

[Une de mes principales peurs] est la présentation du planeur face à la piste sur un atterrissage.

Car tu n’as pas la possibilité de te reprendre, des gaz si tu te présentes mal.

Oui, je te le confirme tu ne pas peux remettre des gaz, mais le raisonnement que tu fais est à l envers.

En planeur, tu n’as pas besoin de remettre des gaz, puisqu’il casse ta chute grâce aux aérofreins.

Comme l avion, il joue sur son taux de chute, mais tout les deux de façons différentes.

Il ne joue pas sur les gaz, pour se poser.

 

S’habituer

On a beau avoir diminué le danger en utilisant du matériel fiable, en augmentant son niveau de pilotage ou en choisissant une aérologie saine, pourtant on ne se sent pas complètement rassuré. C’est que le simple fait de voler comporte un certain danger. Ceci nous amène à une réflexion fondamentale sur le rapport au danger :

J’ai peur d’un danger auquel je ne suis pas habitué. Je m’habitue facilement si je côtoie souvent ce danger.

 

Prenons des exemples. En speed riding, passer à 2 mètres d’un rocher à plus de 130 km/h, c’est dangereux. En voiture, prendre une courbe à 130 km/h et passer 2 mètres à côté d’un véhicule en panne sur la bande d’arrêt d’urgence, c’est aussi dangereux ! Dans les deux cas, je n’ai pas le droit à l’erreur. Pourtant, je vais être davantage effrayé en voyant passer le speed rider que la voiture. Car je suis habitué à voir des voitures passer à cette allure sur la route !

En voiture, rouler sur le périphérique parisien, en pleine heure de pointe représente un réel danger. Pour moi, habitant de la campagne, c’est une épreuve stressante : tous mes sens sont en éveil, je ressens fortement les risques. Pour le travailleur parisien qui côtoie cet environnement tous les jours, le danger est le même, mais il n’y pense même pas !

Voici donc une des clefs fondamentales de la confiance : il faut s’habituer petit à petit !

Que ce soit aux conditions thermiques, à la hauteur, ou à la force G. Pour traiter la peur, il faut donc s’y confronter de manière progressive et surtout très régulière. S’auto-injecter des doses de peur contrôlables, sans fuir la situation, et en sortir vainqueur et grandi ! En répétant ces expositions, on arrive à modifier sa « biologie de la peur ». Et le cerveau commence à réagir différemment, par exemple en délivrant de petites doses d’adrénaline que mon corps connaît et accepte.

Si vous voulez être capable de dominer votre peur du vide, il faut faire de l’escalade, voire de la chute libre ! Si vous n’êtes pas à l’aise en conditions thermiques, il faut d’abord beaucoup voler en conditions calmes ! Prenons un exemple : je prends une semaine de vacances au mois de mai pour aller voler à Annecy. Cela fait plus de six mois que je n’ai pas volé, mais les conditions sont fumantes et j’ai très envie d’essayer ma nouvelle voile… Si vous allez faire votre premier vol de la saison en pleine après-midi, il ne faut pas vous étonner d’être mal à l’aise, car en vérité vous êtes en danger !

Prenez le temps de déplier votre aile sur une pente école, de multiplier les ploufs contemplatifs du matin, de faire du gonflage l’après-midi avant un vol du soir lorsque les conditions s’apaisent… En quelques jours vous aurez à nouveau la capacité (mentale et technique) d’aller exploiter les thermiques de fin d’après midi et pourquoi pas faire un fantastique cross en fin de semaine si vous avez le niveau et si vous avez choisi une aile adaptée.

Peur de la  » force centrifuge »?

Il en va de même pour l’accoutumance à la force g. Chacun de nous est plus ou moins apte à résister à la centrifugation provoquée par une série de 360 engagés. Certains y trouveront vite du plaisir tandis que pour d’autres, il faudra s’infliger plusieurs séries d’exercices, afin de s’accoutumer en prenant le temps d’être très progressif dans l’engagement. Il faudra aussi apprendre à se gainer et à placer correctement le regard. Nous verrons surtout une technique de  respiration très efficace qui augmentera votre capacité physique à résister aux effets de la « force centrifuge ».

En résumé, pour voler en sérénité, je dois diminuer la dose de danger et m’y habituer progressivement. Rappelons que pour diminuer le danger je dois notamment connaître mes réelles capacités de pilotage afin de bien choisir mon matériel et mes conditions de vol.

Connaître son niveau de pilotage

Si vous avez du mal à connaître vos réelles capacités de pilotage, un stage en milieu aménagé vous permettra de faire le point.

Dans ce manuel vous trouverez régulièrement des questionnaires à choix multiples. Ce sont de bonnes occasions de tester vos connaissances théoriques.

« Mais j’ai peur de faire un tel stage ! Me retrouver 600 mètres au-dessus du lac, équipé d’un gilet de sauvetage, et provoquer toutes sortes de mouvements, subir des incidents de vol et la force G ! »

C’est vrai, ce sont de bonnes raisons d’avoir peur : l’inconnu, le risque, les mouvements.

« Alors pour diminuer sa peur en vol, il faut faire un stage qui fait peur ? »

Et bien oui ! Voler en sérénité se paie par un peu de courage !

Mais pas de panique, là encore un bon moniteur va vous faire progresser à votre niveau. Les exercices seront abordés avec progressivité et répétition. Vous validerez chaque compétence avant d’aborder un exercice de niveau supérieur.

 

En bref

En quelques mots, dans cet article, je t’ai dit que XXX.

Je t’encourage vraiment à passer à l’action ! Applique au moins un conseil de manière à obtenir un progrès. Lequel ? XXX

Tu sais, tu en tireras beaucoup de plaisir, en appliquant au moins un conseil. Quel plaisir ressentiras tu quand tu auras progressé ? XXX

Si tu as aimé cet article, merci de le partager (Facebook, LinkedIn, email…)

Maintenant, à toi de jouer ! / Commence tout de suite !


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Ailodie

Je m'appelle Ailodie. Pilote planeur depuis 2002, je suis aussi élève pilote ULM. Coach, auteure de livres sur ce qui vole et artiste peintre, je ne suis ni instructrice, ni compétitrice. J'ai découvert le plaisir de partager avec : d'autres pilotes, des pilotes faisant leurs premiers vols et leurs proches. Mère de deux enfants en bas âge, ce qui vole est ma passion au quotidien. C’est pour cela que j'ai fondé " Des ailes pour rêver " : mettre à ta disposition tous les conseils, techniques et astuces éprouvés pour concrétiser tes rêves d'évasion dans les airs, seul ou en compagnie de tes proches. Sans te prendre la tête, pas à pas et sereinement.

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